La catastrophe était annoncée. (copie d’un article à paraître dans l’Yonne républicaine)

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Un peu plus de 80% d’abstention dans une élection locale, les cantonales sur Nord Ouest Auxerre, cela ne s’est sans doute jamais vu. Et à cette hauteur là on peut penser que le malaise est profond, que personne n’a à se réjouir et qu’il faut répondre aux questions que cela pose.
Pour ma part, j’y vois des raisons secondaires même si elles comptent et une raison fondamentale.
Les raisons secondaires sont vite trouvées : la crise économique qui provoque un repliement sur soi ; le vol du vote « non » au référendum de 2005 qui devient un « oui » par le miracle de la voie parlementaire, (vol opéré par la droite avec la complicité d’une partie du parti socialiste) ; une image très floue ou négative du conseil général de l’Yonne dont les citoyens ont du mal à discerner les missions.
Mais la raison principale est ailleurs : nos concitoyens ont aujourd’hui le sentiment que les élus sont à la fois impuissants devant les évènements,  trop éloignés du terrain et des vraies préoccupations, trop occupés à d’abord gérer des carrières personnelles. Jospin avec cette phrase terrible, « le gouvernement ne peut pas tout ! » avait lancé le mouvement. Mais que dire d’un G Ferez qui après avoir mis en place une cellule de crise pour Fulmen, ce qu’il fallait faire, se contente d’attendre la suite des évènements et de subir, comme il subit aujourd’hui sur les postes de l’école rive droite, comme il subira demain la disparition de la taxe professionnelle qui assèchera les finances communales. Que dire de J Hojlo qui va aller au conseil général sans programme précis, qui dit constamment son impuissance face aux demandes de logements, qui n’écoute même plus les doléances des associations de locataires…
La fonction d’élu est exigeante, si elle demande d’étudier les dossiers comme le dit G Ferez, elle demande aussi que l’élu soit sur le terrain et pas seulement pour serrer des mains le dimanche. L’élu est un politique qui doit avoir des convictions fortes pour se battre, obtenir, arracher les moyens nécessaires à une ambition. Il n’est pas là pour accompagner la crise.
Un élu qui se dit de gauche est d’abord un élu qui ne renonce pas.
Alain Raymont
La gauche qui ne renonce pas

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