14 Juillet

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Entre orage et feux d’artifice, le ciel auxerrois flambait ce Lundi 13 Juillet, dommage la pluie qui s’invite à la fête. Pour le 14, j’ai séché le défilé. Fêter la prise de la bastille et la grande révolution que l’événement annonçait, puis saluer le préfet qui venait d’expulser M Tall vers le Sénégal, il y a des choses que je n’arrive pas à faire. Et de plus, j’avais une bonne raison, ma petite fille, trois semaines, m’attendait à Strasbourg.Elle va bien, les parents semblent s’en tirer aussi mal que nous au même âge. Elle tire déjà la langue, à qui ?, c’est peut-être un peu tôt. Retour à Auxerre les 15, en début de soirée pour tomber sur la caravane du tour de France. Et là, gros coup de blues, le tour de France ne me fait plus rêver.
Et pourtant, vers nos dix ans nous avons, quelques copains et moi-même, passé des heures à écouter Georges Briquet
 ( ?) sur la route du tour, rejoué les étapes en fin d’après-midi avec des billes ou des capsules de bière renversées au fond desquelles nous inscrivions les noms de nos héros : Darrigade, au sprint, Stablinski, Bahamontès, dans la montagne, Anquetil évidemment, Poulidor, comment Poulidor ? et c’était parti pour des engueulades…Pendant des heures, nous jouions dans la poussière jusqu’à ce que nos mères se fâchent, nos pères étaient plus cool parce que c’était Le Tour. Pas un soir sans entendre un ouvrier rentrant du travail qui nous demandait : «  qui c’est qu’a gagné l’étape », nous nous savions et lui disions volontiers avec nos commentaires éclairés. Nous savions tout, de ce que nous avaient appris nos pères et de ce que nous retenions chaque année, mieux que nos tables de multiplication.
Et hier, devant les coureurs, en regardant la caravane, rien. Plus d’émotion.
Qui de nous deux a changé, le tour ? moi ? Les deux sans doute mais je suis certain que le tour a plus changé que moi.

 

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