Les placards de la République

Publié le

Semaine agitée, agacée, agaçante. Rien de mieux donc samedi soir Dimanche matin qu’un peu de désœuvrement dans la maison. Rien à faire tout en faisant beaucoup de choses mais en prenant soin de remettre à plus tard des taches domestiques, emmerdantes comme toutes les taches domestiques et forcément urgentes. Des lectures donc des disques de la radio et de la télé. Les Simpson que je connaissais sur la 9 et à y regarder de près une critique féroce du capitalisme de la société du spectacle… et puis vers 22 heures sur LCP un dossier sur l’affaire Houdin et la revendication de faire dire la vérité sur son assassinat, par les services de renseignements de l’armée, qu’au nom de la raison d’état on a toujours voulu camoufler. Hasard ? Le lendemain midi, ce Dimanche, une longue émission sur le « suicide assassinat » de Boulin il y a plus de trente ans. Il existe des cadavres dans les placards de l’état et notamment dans ceux de la cinquième république.

Nous ne savons toujours pas, mais il serait possible de savoir, quand, par qui, les assassins du jeune enseignant en mathématiques, père de trois enfants, militant communiste et ami d’Henri Allègue fut torturé jusqu’à la mort et où son corps fut enseveli quelque part en Algérie ? Comme nous ne savons pas d’ailleurs la triste fin de centaines, milliers ( ?) d’autres comme Boumendjel.

Nous ne savons toujours pas non plus par quel clan politique, pour quelles raisons exactement l’ancien ministre de la santé Boulin pressenti pour devenir premier ministre de Giscard fut assassiné. Car nous le savons depuis longtemps Boulin ne s’est pas suicidé, il fut suicidé.

Dans un cas la raison d’état tente de dissimuler les crimes et exactions d’une armée qui n’avait plus rien de républicaine infiltrée comme elle l’était par les factieux et fascistes de l’OAS, et souvenons nous que Le Pen actionnait la gégène.

Dans l’autre cas la raison d’état n’est qu’un cache sexe qui permet de dissimuler les crimes de ceux qui voulaient à tout prix s’emparer de l’appareil d’état et virer, pour mieux accomplir leurs turpitudes, la vieille garde gaulliste issue de la résistance.

Ces cadavres là existent dans les placards de la république, il en est d’autres, et tous commencent à sentir très fort. Alors qu’attend la justice et le procureur de Paris pour les sortir, juger les coupables, La mort des derniers témoins, celle d’anciens généraux à la retraite, celle d’anciens ministres, celle de Chirac ? Pour le reste et l’enterrement de la cinquième république les citoyens s’en chargeront.

Commenter cet article