LETTRE OUVERTE

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(Lettre ouverte à Monsieur le Maire d’Auxerre, à l’Yonne Républicaine qui a refusé de la publier et à destination des habitants d’Auxerre pour leur information.)

Monsieur le Maire.

Contrairement à ce qui est rapporté dans la presse ce matin et notamment dans le journal local il n’y eut point « foire d’empoigne » au conseil municipal du 23 Juin. Il y eu plus grave que cela et j’y reviens plus bas dans ma lettre.

J’avais décidé en début de conseil, comme j’en ai tout à fait la légitimité, d’aborder des questions graves qui concernent la vie des auxerrois et le devenir de leur ville. Si un élu ne sert pas à cela, à quoi sert-il ? Ces questions concernaient la vie du conseil municipal que je vous ai demandé de réunir plus souvent. Celle de la démocratie participative et des conseils de quartiers auxquels vous ne donnez pas les moyens de l’information, de l’analyse ,de la discussion et de la décision. J’abordais également la question de la distribution de l’eau et je demandais qu’un véritable débat citoyen puisse s’ouvrir avec la population dans l’intérêt des finances communales entre autres choses. J’ai évoqué aussi, crime de lèse majesté, la publicité payante sur fonds publics pour vanter vos « tchats » avec la population quand vous disposez déjà d’un magazine municipal à votre entière dévotion et j’ai parlé alors d’abus de pouvoir. Je me suis aussi permis de soulever la question d’un droit de regard sur l’organisation et le management de l’AJA , association à laquelle les citoyens, par leurs impôts, versent des sommes conséquentes. J’ai abordé ensuite la question du devenir de l’IUFM d’Auxerre et de la formation des professeurs des écoles, question grave s’il en est. Et puis j’ai aussi dit à nouveau mon inquiétude d’un déséquilibre qui risque de devenir définitif entre le centre ville et la zone des clairions. Sur ce dernier point suis-je seul à m’inquiéter ?

Pendant la suite du conseil j’ai soulevé d’autres questions : mon regret que vous n’ayez pas voulu non pas réaliser dans l’immédiat, mais commencer avec les conseils de quartier à définir un projet d’urbanisme global sur les quais, le batardeau, sur les Montardouins.J’ai mis en cause votre analyse du compte administratif, sa vision optimiste et langue de bois, en m’attachant à décortiquer avec sérieux trois domaines ; l’épargne de gestion, l’autofinancement brut, les investissements pour dire que bien des manipulations cachaient les difficultés et que notre taux d’imposition est un des plus élevé de France pour les villes de même importance. J’ai même ajouté que cette situation venait plus de la politique de la droite et des dernières réformes que de la politique municipale. Oui j’ai osé attaquer le schéma départemental de coopération intercommunale voulu par le préfet et la droite et accepté par vous et le parti socialiste. J’ai osé dire qu’il y avait un manque criant de personnels dans certains services de la commune, que la rentrée serait catastrophique pour les élèves et les enseignants…

« Foire d’empoigne » ? où se trouve la « foire d’empoigne » ? dans le combat des idées et des convictions ? Car « oui ! » j’ai des convictions et cela fait une énorme différence entre nous.

Mais à tout cela qu’avez-vous répondu ? Rien. Vous n’avez répondu sur rien. Vous vous êtes contenté de manier l’injure. Je ne rentrerai pas sur ce terrain là. L’injure proférée se retourne toujours sur celui qui injurie. Par contre qu’à travers moi vous ayiez injurié les militants communistes d’aujourd’hui et d’hier c’est insupportable et je regrette qu’aucun membre de votre majorité n’ait eu le courage de vous remettre alors à votre place. Vous avez injurié ces militants là le jour où à l’initiative des habitants du quartier rive droite et avec l’appui de Denis Martin, conseiller de votre majorité, on donnait à une rue de ce quartier le nom du premier fusillé de l’Yonne par les nazis en 1941. C’était un communiste

 L’attitude générale d’un Maire rejaillit forcément sur la notoriété de la ville qu’il dirige. Hier soir vous ne vous êtes pas honoré, vous n’avez pas non plus honoré la ville d’Auxerre.

A RAYMONT

Conseiller municipal de la gauche qui ne renonce pas

(membre du parti communiste français)

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