NOUS SERONS UNITAIRES...

Publié le

   Nous serons unitaires ou nous ne serons pas.

Certes une nouvelle histoire qui commence dans un long parcours plein d’ombres mais aussi et souvent de lumières ne peut être que balbutiante. Mais, comme d’autres, Patrick Cohen Seat par exemple, je suis préoccupé.

Que voulons- nous vraiment, ou allons- nous, avec qui voulons nous aller… ?

Nous avons initié le front de gauche, d’accord, mais est- il nécessaire de le dire et le répéter à chaque instant au risque d’agacer nos partenaires. Imaginons un couple où chaque matin, il ou elle, se vanterait d’avoir choisi l’autre. Combien de temps cela pourrait-il durer ?

Nous avons choisi la stratégie du front de gauche et les militants communistes dans une grande majorité l’ont accepté avec enthousiasme. Mais, pourquoi ? Et pourquoi faire ? Avec qui ?

Le pourquoi est relativement simple à définir. L’époque que nous traversons va connaître des mutations dont personne ne peut dire aujourd’hui l’ampleur exacte demain dans tous les domaines. L’humanité se trouve comme rarement à la croisée des chemins, elle devra au cours du siècle trouver les moyens de sa pérennité ou sombrer dans la barbarie, voire même disparaitre. Forcément face à de tels enjeux, ce n’est plus le temps des boutiques dans lesquelles chacun croit pouvoir détenir seul la vérité. Toutes les consciences en alerte, toutes les intelligences, les expériences, les expertises sont  nécessaires à chacun. Le « front de gauche », c’est pour moi ce creuset où chacun peut et doit apporter le fruit des expériences heureuses, mais aussi  les malheureuses pour éviter les erreurs du passé, ou chacun doit apporter sa propre vision des changements pour faire communauté et enrichir à chaque instant la construction que chacun et tous devront porter dans les batailles sociales et politiques à venir. Si cela n’était pas ainsi et que les chapelles encore un fois  l’emportent, nous porterions tous une large responsabilité auprès des générations futures.

Le pourquoi faire et comment le faire sera plus difficile à imaginer et à concevoir. Rêver d’un autre monde est simple dans la chanson plus difficile à imaginer dans un réel à venir. Mais nous ne partons pas de rien. L’histoire peut nous être d’une grande aide, les luttes des peuples hier et aujourd’hui également, les analyses, qu’elles soient micro ou macro, de la situation actuelle, économiques, sociales, politiques, géopolitiques, scientifiques…Mêmes les utopies ! Nous avons cependant un certain nombre de certitudes vérifiées par la pratique quotidienne. Le capitalisme sous sa forme financiarisée et mondialisée ne peut que poursuivre sa voie mortifère et entrainer avec lui les peuples à la ruine. L’exploitation forcenée des ressources du sous-sol, des terres, de l’eau, de la biodiversité en général ne seront plus soutenables longtemps, certains parlent même de vingt ans avant la catastrophe ! N’y sommes-nous donc pas déjà ? Les consciences s’éveillent et Le salariat en général ne supporte plus que la richesse produite par tous soit toujours plus accaparée  par quelques-uns. Toujours travailler plus et dans des conditions de plus en plus insupportables et voir remis en cause le salaire, le financement de la santé, la qualité du système éducatif, la culture, la recherche, l’idée même que demain devrait être mieux qu’aujourd’hui…

Face aux responsabilités que nous avons aujourd’hui et je le répète nous n’avons que très peu de temps, la ligne défendue par le parti communiste est elle claire ? la position du parti de gauche  qui met un candidat  en avant est elle suffisante ? Où est la gauche unitaire ? je reviendrai sur le NPA un peu plus loin. Et tous les autres ? Dans ce « tous les autres », je compte la FASE, le M’pep, Copernic, ATTAC… j’en oublie ? Je pense surtout à tous ceux qui ne sont dans aucun mouvement ou organisation. Et ceux là sont bien plus nombreux que l’ensemble réuni de tous les autres.ils sont des millions et nous les avons croisés pendant les manifestations de cet automne, ou nous ne les avons pas croisés parce qu’ils étaient restés chez eux n’attendant plus rien de la politique et ne se déplaçant même plus pour aller voter. On en fait quoi ? On les laisse sur le bord de la route au prétexte qu’ils ne sont ni encartés ni même au minimum organisés ? Et les jeunes que l’on a vus, un peu, et qui sont les premiers concernés par ce qui arrivera demain ? On attend qu’ils viennent ou nous allons les chercher ? Et les militant(e)s d’Europe écologie qui pour une part importante sont eux aussi sur une ligne anticapitaliste, les laisserons nous à Cohn Bendit et à son ni droite ni gauche ? et les militants socialistes écœurés du combat des chefs d’un parti de notables, on les abandonne à leur triste sort ?

J’en oublie ? Certainement, mais cela fait déjà du monde.

Pour ce qui est du parti communiste j’attends plus de clarté dans la ligne politique. Le « Front de gauche » ce n’est pas seulement une étiquette que l’on colle au revers de sa veste, c’est une attitude et des principes et actions de rassemblement. C’est une position politique ferme qui refuse le compromis sur les principes de l’anticapitalisme, qui refuse Lisbonne et donc ceux qui ont fait et imposé Lisbonne, qui accepte sans rechigner et surtout sans morgue aucune les autres, tous les autres, même les plus petits en nombre, pas forcément en idées. Soyons-nous même, pourquoi faudrait il y renoncer, avec les autres, pas devant, à côté. Et nos divergences avec ces autres là, il y en a, nous les règlerons en marchant. Ainsi nous pourrons redevenir « une force d’avenir ».

Le NPA quant à lui doit cesser de croire que tout se règlera un matin d’après la grève générale et de craindre qu’une alliance puisse être une compromission réformiste. Des forces contraires l’animent : celles qui pensent que « l’entre -soi trotskyste » est gage d’une pureté originelle, mais qui tourne sur elle-même, et ceux qui savent qu’il faudra s’ouvrir, s’affronter peut être et vive la bataille des idées, mais que l’isolement conduit à l’inefficacité.

Le parti de gauche ne doit pas être le parti d’un homme pour une seule bataille. Composé d’hommes et de femmes jeunes souvent, militants actifs ils ont des idées des envies d’avenir qui ne peuvent qu’apporter richesse à l’ensemble.

Et les autres, tous les autres, j’ai très envie de leur dire de s’organiser ou pas comme ils l’entendront. C’est leur affaire, mais qu’ils sachent bien qu’il faudra que tous nous travaillions ensemble sur les idées et dans les combats qui nous attendent. Le système capitaliste que nous voulons combattre a des moyens énormes à son service, il est vicieux, retors, caméléon. Ses capacités à décerveler les individus  n’ont jamais été aussi puissantes dans l’histoire. Il tient tous les leviers. Par rapport à lui chacun d’entre nous n’est qu’un nain. Notre chance consiste à nous unir et à nous appuyer sur l’ensemble des peuples qui savent aujourd’hui qu’il n’y a pas d’autres issus qu’en s’en débarrassant.

Alain RAYMONT

Coordonateur départemental fédération de l’Yonne PCF

Co-fondateur et membre de « l’Autre gauche en Bourgogne »

 

Commenter cet article

durand philippe 31/01/2011 17:31


Tu la bien dit on est unitaire ou pas
Il faut que la gauche gagne les cantonales et les presidentielles