y-a t-il un urbaniste dans la ville

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Y-a-t-il un urbaniste dans la ville?

Certes chacun à un moment ou à un autre a envie de donner son avis sur l’aménagement d’un quartier, d’une place… et nous avons tous quelque part une vocation d’urbaniste. C’est là une situation saine et du débat citoyen peuvent naître des idées intéressantes. Mais nous ne devons pas oublier non plus que l’urbanisme est à la fois un art, une science reposant sur  d’autres sciences et des techniques diverses. Certains urbanistes sont sans doute meilleurs que d’autres mais on ne nait pas urbaniste on le devient.

Si l’on regarde l’organisation de la vieille ville, on s’aperçoit vite qu’au fil des siècles les urbanistes de ces temps anciens construisaient en fonction d’un fil directeur, d’une idée globale à partir de réalités diverses ; la configuration du terrain avec sa rivière, l’économie, toutes les contraintes extérieures y compris celle de la guerre. ..Non seulement existait un schéma directeur mais on avait aussi pris soin de nommer, de désigner des fonctions à ce qui allait être bâti. Ici le sacré, là l’étude des textes, ailleurs le commerce, ici le pouvoir civil, là l’habitat, là le bruit du marché et de la ville, ailleurs le silence pour le recueillement. Il y eut sans aucun doute des erreurs et donc des repentirs mais cette harmonie et cette équilibre dont aujourd’hui les auxerrois sont si fiers à juste titre, n’est pas le fruit du hasard.

Le temps d’un urbanisme réfléchi dans la durée, pensé dans les fonctions publiques ou privées est terminé depuis longtemps. Depuis au moins le XIX ième siècle à mon avis. Le quartier de la gare et donc toute la partie qui va jusqu’à la rivière est typique de cet esprit. Certes une gare est construite là où il fallait qu’elle le soit, ce n’est pas un succès architectural mais il y en a d’autres ailleurs, et ensuite le quartier s’est construit autour dans un désordre total. On voit le résultat aujourd’hui, pas d’unité, aucune personnalité qui se dégage, et l’avenue Gambetta ( !) Pauvre avenue Gambetta.

Les derniers maires d’Auxerre ont-ils essayé d’en revenir à des conceptions justes, harmonieuses, équilibrées ? Ont-ils  réfléchi aux erreurs commises par leurs prédécesseurs ? Quand on regarde le Batardeau, le marché de l’arquebuse, la place des cordeliers, l’IUT, le quartier enclavé de rive droite  derrière la gare, le monstrueux « Auxerre expo », on sait que non.

Et aujourd’hui on continue. On vend une parcelle des Montardoins pour faire rentrer de l’argent frais et installer une résidence aves services mais jamais on ne se demande ce qui adviendra et à quoi seront destinés les terrains restant et les friches Guillet. On ne sait plus à quoi pourrait bien servir le parking marché de l’Arquebuse, on rénove une partie des quais sans même essayer de réfléchir  à ce qui pourrait être réalisé en aval et en amont. On continue à massacrer la rive droite en y ajoutant plus de parking que nécessaire, la place de la cathédrale va rester l’une des plus laide de France, la place des Véens une concentration urbaine certainement difficile à vivre, le nouveau temple du commerce se développe sans freins aux clairions au détriment du centre.

L’esprit, l’intelligence, le bon sens même ne règne plus sur la ville. Mercantilisme et esprit petit bourgeois l’ont emporté. Il ne nous reste plus qu’à admirer du pont Paul Bert les chefs d’œuvre d’hier.

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Sylvère Labis 10/07/2011 11:27


Désolé, mon clavier me fait des farces : C'est Paul Reynaud, président du conseil des ministres


Sylvère Labis 10/07/2011 11:25


L'aménagement d'Auxerre est un sujet sérieux. Les noms des rues, c'est plutôt futile. Poirtant, trouver à Auxerre une rue "du Général Weygand", c'est un peu fort de café ! Pourquoi pas une rue
Philippe Pétain ? Weygand, chef d'Etat-Major était le compère de Pétain et partage toutes ses responsabilités. Personne n'a jamais compris pourquoi DeGaulle lui a évité le procès. Peut-être
craignait-il la réaction de l'armée qui n'a pas subi d'épuration évidente.
Weygand disait à qui voulait l'entendre qu'il ne comprenait pas pourquoi "on avait déclaré la guerre à l'Allemagne" et harcelait Paul Feynaud pour qu'il démissionne. Au lieu d'organiser la
contre-offensive, il a massé des troupes autour de Paris "pour contrer une nouvelle Commune de Paris". N'est-ce pas lui qui a fait diffuser le mot d'ordre de partir "en Exode" à toutes les
administrations parisiennes pour finir de désorganiser le pays, et paralyser l'armée déjà privée de munitions, de carburants et de commandement ?