A Genevilliers, avec les Fulmen

Publié le par Alain Raymont

Mercredi 10 Juin, 23 heures

 

La campagne électorale me prend beaucoup de temps avec en plus l’activité professionnelle, mais cela ne me fait pas oublier l’essentiel. Et l’essentiel aujourd’hui c’est bien la lutte des hommes et des femmes de l’entreprise Fulmen.

C’est pourquoi, avec Hèlène Brun (conseillère régionale communiste), Michel Cornillon  (parti de gauche), Michel Hournon et deux militants NPA, je suis allé rencontrer les salariés de Fulmen au siège d’EXIDE à Gennevilliers.

L’accueil des salariés a été très chaleureux, celui de la direction du groupe EXIDE nettement moins.

Départ à 7h30 et arrivée à Paris à 11h… le périph, c’est de pire en pire. Surprise des salariés de voir que deux élus et des militants politiques de l'Yonne ont voulu les soutenir dans ces moments difficiles. Avec eux nous avons également rencontré le député maire communiste de Gennevilliers Roland Muzeau et ses adjoints. Nous avons longuement écouté le compte-rendu de l’état des négociations de la veille et de la matinée. La direction bloque, le directeur général Europe présent hier a disparu aujourd’hui.

Les gars sont calmes, inquiets et on sent chez eux une colère intérieure face au cynisme de la direction qui visiblement ne veut pas entendre l’angoisse. L’angoisse de perdre son boulot, de ne plus pouvoir faire face dans la vie et surtout l’angoisse pour beaucoup pour la famille et les enfants notamment.

Mme Russo, directrice France, avec qui j’ai pu échanger devant les journalistes de France 3 nous a montré le vrai visage du capitalisme le plus cynique. «  La loi du marché fait qu’une entreprise doit s’adapter et délocaliser quand celà devient nécessaire…Si le territoire auxerrois se désindustrialise, c’est le problème de vos élus, pas le notre… Exide a dejà donné beaucoup pour ses salariés… » Là le ton est monté : je lui ai répliqué qu’en économie il n’y avait pas que le marché, il y avait les hommes ; qu’elle n’employait pas ce ton ni ces propos quand elle était venue il y a cinq ans réclamer des fonds publics qui lui ont été donnés sans contrepartie, que ce sont surtout les hommes et les femmes de Fulmen Auxerre, Nanterre, Vierzon, Lille qui avaient beaucoup donné à EXIDE. Nous n’avons pu continuer Mme Russo est partie, la pluie commençait à tomber, elle allait mouiller ses jolies chaussures à 1000 euros .

Roland Muzeau s’est engagé avant de partir à voir le ministre du travail Wauquiez dans l’après midi pour que le principe d’une CTP puisse s’appliquer à l’entreprise Fulmen.

J’attends des informations dans la matinée de demain.

J’ai regretté que ce soit le député de  Gennevilliers et seulement lui, avec Hélène Brun et moi même qui ce matin ayons pu avoir cette rencontre riche et passionnée. Mais où sont donc les Soisson, De Raincourt, Rolland, Ferez, Hojlo ?

Rentrés vers 17h, nous sommes passés voir les ouvriers qui étaient restés sur l’usine d’Auxerre pour leur faire le compte rendu de la journée. Le calme régnait sur le site.

Ce soir les salariés de Fulmen campent sur la pelouse du siège d’EXIDE, la journée a été longue d’attente face aux tergiversations de la direction.

Je pense à vous, continuez.

Votre combat est juste et vous le menez dans la dignité.

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