Tout sur la dette

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Enfin nous allons tout savoir sur la dette.

Le collectif pour un « audit citoyen de la dette publique » vient de rendre son étude sur l’origine de la dette, (voir l’Humanité du 28 Mai). Composé d’experts des finances publiques venus de « solidaires impôts », d’ »ATTAC »,  des « économistes atterrés »…ce collectif a mené une étude sur une trentaine d’années des finances publiques françaises.

Il nous faut maintenant nous emparer des résultats de cette analyse et les faire connaitre très largement.

Ce rapport déconstruit dans un premier temps tout les discours des économistes libéraux et autres pseudo spécialistes qui officient à longueur d’antennes depuis des années et selon lesquels nous aurions vécu au-dessus de nos moyens depuis longtemps ce qui justifierait les politiques d’austérité aujourd’hui à l’œuvre. En trente ans les politiques publiques ont reculé de deux points de PIB en masses financières.

L’augmentation de la dette publique a de toutes autres origines.

« Sur les 1950 milliards d’euros de dette publique cumulée, (…) près de 600 milliards sont dus à des taux d’intérêts excessifs, et près de 500 milliards proviennent des cadeaux consentis principalement aux riches et aux actionnaires »  Sans cela, (taux excessifs + cadeaux) le taux d’endettement public par rapport au PiB ne serait plus que de 43%, contre 90% actuellement. Soit 1077 milliards d’euros de dettes en moins.

Sur les taux d’intérêt, l’état ne peut plus emprunter auprès des banques centrales à des taux faibles, environ 2%, et doit aller sur les marchés depuis 1983. Cette situation s’est accélérée depuis 1990 avec les politiques de « désinflation compétitive » qui a consisté à limiter drastiquement la création monétaire. Tout cela  a amené une hausse des taux d’intérêt pour le plus grand bonheur des détenteurs de capitaux comme les grands fonds de pension. Et notre dette collective a explosé.

Deux types de cadeaux ont été mis en place pour les plus riches. Le taux de taxation de la tranche la plus élevée a chuté de 65% en 1982 à 45% en 2013. Cette réduction a bénéficié majoritairement aux 10% des ménages les plus riches. Les niches fiscales, (environ 500) se sont multipliées. Si certaines peuvent être utiles pour le développement économique, la plupart sont inutiles et onéreuses pour les finances publiques et favorisent l’évasion et l’optimisation fiscale.

Pour mettre fin à cette dette illégitime le collectif avance 12 propositions, comme, annuler « tout ou partie »  des 1077 milliards d’euros, « mettre un terme à l’évasion et l’optimisation fiscales », étendre le « service bancaire public »…

La conclusion de l’étude du collectif est claire et c’est ce que le Front de gauche défend depuis longtemps : « Les politiques d’austérité imposées aux populations au nom du remboursement de la dette sont absurdes économiquement, dangereuses politiquement et injustifiables du point de vue de l’intérêt général ».

(Pour en savoir plus, consulter le site d’ATTAC et lire l’Humanité qui est le seul journal national à avoir révélé le contenu de cette étude le lendemain de sa parution.)

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